Azimut Brutal

In Search of the One True Self!

Chez Frank Buck le chasseur de fauves... Singapore night mk I


Scripturae datum : 2008-02-04 03:25:09

  [disclaimer: les événements relatés ci-dessous sont purement fictifs, bien qu'ancrés (et aussi encrés sans doute) dans la réalité]

Ca avait été une sale soirée...

Le repas n'était pas si mal, style chinois avec plateau tournant alla Indiana Jones and the temple of Doom (mon préféré, je n'ai jamais pu blairer cette lopette de Sean Connery et une blonde qui crie tout le temps, moi, ça m'excite !) poison, joyau et antidote en moins. Enfin, on verra pour le poison, ça ne faisait pas encore une heure que je m'étais tiré de ce repaire de pseudo scientifiques, intellectuels en tout genre, souvent à la solde de l'industrie, pour ne pas dire à la botte du capitalisme. De l'aigreur, quelqu'un ? Le fait est que je n'avais rien à faire à cette conférence, si ce n'est pour tenter de récupérer quelques miettes du gateau dans la grande alliance Americano-Singaporienne. Amen, la messe des nanotechnologies a été dite ce soir. Révoltant mais bon, il faut bien manger.

Il aurait pu y avoir plus à manger cela dit. C'est pas un tour gratuit (same player shoot again) dans le musée de l'Asie qui remplace un bon bol de riz. Le bol de riz aussi est asiatique et de meilleure qualité que l'absconse collection de bibelot présentée là. Chinatown est pleine du même genre de saloperies, une tripotée de zéros en moins sur la note, sans doute l'âge et la véracité aussi, mais au moins les bonnes gens de passage peuvent les faire trôner dans leur salon sans accompagner leur goût douteux d'un porte-feuille de ministre. Pas de culture digne de ce nom, pas de repas non plus, il était bien temps de se barrer. Mon hôtel miteux, plus ils sont chers moins ils proposent de services, se situait au Nord, le long de la rivière. A vue de nez, après du mauvais vin des Corbières en import par un Georges Duboeuf quelconque, il y en avait pour une petite demi-heure, sauf si je me laissais embarquer dans une ruelle sombre. J'ai cette tendance.

Alors que mes talons claquaient sur les marches du paravent du musée, je plongeai dans les lumières floues de la ville. Je suis myope et Singapour est plus belle la nuit, ou moins laide, ou moins commune peut-être. Enfin, aussi belle que peut l'être une guirlande de Noël. La rivière était très paresseuse ce soir, probablement comme tous les soirs, voire comme la journée. La chaleur moite n'est pas réputée pour favoriser l'activité frénétique, ni d'ailleurs l'activité intellectuelle. Ce qui n'était pas sans m'arranger vu mes capacités et envies de réflexion. Et je ne pense pas qu'enfermer les participants de la conférence dans des salles à forte ressemblance avec une chambre froide fit quelque chose contre la vacuité intellectuelle globale ambiante.

Je remontai la rive droite de la rivière, en donnant l'air de flâner mais avec dédain, histoire de ne pas passer pour une réserve de dollars sur pattes, à quiconque aurait l'envie de me regarder. Après m'être copieusement fait insulter par un gérant de bateau mouche pour avoir refusé son offre de fantastique croisière de rêve sur ce symbole du romantisme asiatique, le premier pont colla un grosse balafre sombre dans l'abondance lumineuse colorée des restaurants. S'il avait pu aussi scarifier le son ce n'aurait pas été du luxe.

Alors elle passa devant moi...

[photo credit: myself]

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Bof : The Knife - Silent Shout
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